Fin de septembre

Découper, coller. C'est plus libérateur, moins décourageant que de prendre un pinceau. C'est mon mois de septembre, avec un souvenir de Giverny envoyé d'une étudiante de l'année dernière, partie s'installer à Paris pour étudier l'histoire de l'art. Il y a peu de choses qui me touchent autant que ces jeunes filles qui pensent à moi quand elles découvrent en vrai les tableaux qu'on a vus ensemble sur un écran de vidéoprojecteur.
C'est encore dans le cahier de créativité d'Amélie Le Bloch.
Merci encore mon fils, d'être là pour que je m'autorise à laisser vivre en moi cette envie de créer. C'est grâce à toi que j'ai redécouvert la littérature enfantine. Les cahiers, les photos collées, les gomettes, les dessins, les bestioles, les chansons,les passages secrets. Il me fallait cette permission, le prétexte de l'univers enfantin, pour renouer avec cette part joyeuse et enfouie. Ce que je ne cultive plus dans la mer, je le retrouve sur le papier.
Il y a un fil ténu entre mes dessins d'enfance, l'année de cours de peinture à l'huile à 15 ans, ces tubes devenus secs que j'ai gardés après 9 déménagements, les vieux pastels reçus un jour à Noël, mes rêveries devant la vitrine du magasin Sennelier rue Hallé à Paris, dans lequel je n'ai jamais osé entrer alors que je passais tous les jours devant ; mes gribouillages au Vpen noir en Grèce, parce qu'écrire ne suffisait pas ; ma persistance à emmener mes étudiants tous les ans voir la Jeune fille au divan de Berthe Morisot.
C'est ce que j'aimerais retracer ici.
